Débuter en agility avec votre chien
L'agility vous tente ? De la visite chez le vétérinaire aux exercices de base, en passant par le choix d'un club et vos premiers mois d'entraînement, voici une feuille de route pratique pour bien démarrer.
Vous avez regardé quelques vidéos d'agility, ou assisté à un concours dans un club près de chez vous, et vous vous dites que votre chien adorerait ça. Vous avez sans doute raison. Voici une feuille de route, étape par étape, pour bien démarrer, construite à partir de ce que des moniteurs expérimentés auraient aimé savoir dès le premier jour.
Étape 1 : vérifiez que votre chien est prêt
Santé
L'agility est un sport athlétique, fait de sauts, de virages serrés et d'accélérations brusques. Avant de commencer, demandez un bilan à votre vétérinaire en lui précisant que vous comptez faire de l'agility. Points à aborder :
- Articulations : la dysplasie de la hanche et du coude est fréquente dans de nombreuses races. Pour les races à risque, envisagez des radiographies avant de vous lancer dans un entraînement sérieux.
- Poids : un chien en surpoids sollicite davantage chacune de ses articulations. Rester mince est la meilleure prévention des blessures qui soit.
- Yeux : un chien qui voit mal aura du mal à évaluer les sauts.
- Dos : les races au dos long, comme les teckels et les corgis, peuvent faire de l'agility, mais l'entraînement doit être adapté.
Âge
Les chiots peuvent (et devraient) commencer les exercices de base, mais pas de sauts à pleine hauteur, pas de sauts répétés ni d'obstacles à contact en hauteur tant que les cartilages de croissance ne sont pas fermés. Cela correspond à environ 12 mois pour les petites races et 15 à 18 mois pour les grandes ; demandez conseil à votre vétérinaire. La plupart des organisations autorisent les chiens à concourir à partir de 18 mois.
Les chiens plus âgés peuvent aussi s'y mettre. Beaucoup de chiens commencent l'agility à quatre ou cinq ans et connaissent une longue et heureuse carrière.
Caractère
Votre chien va travailler sans laisse, à proximité d'autres chiens, dans un environnement très excitant. Un chien très réactif envers les autres chiens ou les personnes devra d'abord travailler ce point, mais cela ne veut pas dire que l'agility lui est inaccessible. Dans le bon club, beaucoup de chiens réactifs y gagnent énormément en confiance.
Étape 2 : travaillez les bases à la maison
Vous pouvez commencer dès aujourd'hui, sans le moindre matériel d'agility :
- Un rappel en béton. Votre chien sera libre sur un grand terrain. S'il part saluer les autres chiens, impossible de s'entraîner ou de concourir.
- Une attente au départ. Assis, couché ou debout, et il garde la position pendant que vous vous éloignez. Ce sera votre routine de départ.
- Le jeu. Apprenez à votre chien à tirer sur un jouet avec vous et à le lâcher sur demande. Le jouet est la récompense la plus puissante en agility, car il développe la vitesse et la motivation.
- Le ciblage de la main. Apprenez à votre chien à toucher votre main avec sa truffe. Ce sera la base pour suivre votre main sur le parcours.
- Tourner à gauche et à droite. Apprenez à votre chien à contourner un cône ou un seau dans les deux sens.
- La conscience du corps. Faites marcher votre chien sur une échelle posée au sol, monter sur des plateformes basses et garder l'équilibre sur un coussin instable. Les chiens qui savent où sont leurs pattes arrière sautent mieux et se blessent moins souvent.
Étape 3 : trouvez un bon club
En Belgique, l'agility se pratique généralement en club. La plupart proposent des groupes débutants qui démarrent quelques fois par an. De nombreux clubs sont affiliés à la VOE (Hondenfederatie V.O.E.), et des conducteurs de clubs différents participent aussi aux concours DSAB (DogSport Agility Belgium). D'autres clubs dépendent de l'URCSH (KKUSH), le membre belge de la FCI. Notre article Trouver un club d'agility en Belgique vous explique où chercher.
Lorsque vous visitez un club, soyez attentif à :
- Des moniteurs qualifiés et positifs. L'éducation basée sur la récompense est la norme dans l'agility moderne. Évitez les clubs où l'on crie sur les chiens ou où on les corrige durement.
- Des petits groupes. Cinq ou six chiens par moniteur permettent un vrai suivi.
- Du matériel sûr et un bon sol. Herbe, gazon synthétique ou sol intérieur de qualité, avec du matériel aux normes de concours et bien entretenu.
- Une progression claire. Des bases aux enchaînements, puis aux parcours complets.
- Une bonne ambiance. Les membres s'encouragent-ils entre eux ? Les chiens ont-ils l'air heureux ?
- Des possibilités de concours. Si vous envisagez de concourir plus tard, demandez sous quelle organisation le club concourt et s'il organise lui-même des concours.
La plupart des clubs vous permettent d'assister à une séance ou de faire un cours d'essai avant de vous inscrire.
Étape 4 : vos premiers mois d'entraînement
Un bon programme pour débutants suit généralement cet ordre :
- Les bases et les premières notions de handling. Suivre la main, récompenser des deux côtés, virages simples, aller chercher un jouet en ligne droite.
- Haies et tunnels. Barres basses, tunnels courts et droits, puis combinaisons simples.
- Obstacles à contact. D'abord la palissade et la passerelle abaissées, puis la balançoire, introduite très progressivement. Votre moniteur vous aidera à choisir entre des contacts courus et arrêtés (voir Zones de contact : courues ou arrêtées).
- Le slalom. Généralement appris sur plusieurs semaines ou mois, avec des couloirs, des guides ou la méthode 2x2. Voir Apprendre le slalom.
- Courts enchaînements. Trois à cinq obstacles, puis des parcours de plus en plus longs.
- Techniques de handling. Front cross, rear cross et bien d'autres. Lisez Techniques de handling en agility.
Comptez un à deux ans entre le premier cours et le premier concours pour la plupart des équipes. Cela peut paraître long, mais le temps consacré aux bases porte ses fruits pendant toute la carrière de votre chien.
Étape 5 : entraînez-vous intelligemment entre les cours
- Des séances courtes. Cinq à dix minutes d'entraînement concentré valent mieux qu'une heure de répétitions.
- Échauffez toujours votre chien avant de le faire sauter, et faites-le récupérer après. Voir Condition physique, échauffement et prévention des blessures.
- Filmez-vous. Votre téléphone vous montrera des erreurs de conduite que vous n'avez pas senties.
- Tenez un carnet d'entraînement. Notez ce qui s'est bien passé et ce qu'il faut travailler ensuite.
- Dessinez vos exercices. Avec notre outil gratuit pour dessiner des parcours, vous tracez un parcours d’entraînement à l’échelle, facile à monter ensuite au club.
- Ne répétez pas les obstacles en boucle. Les sauts répétés usent le corps. Alternez avec des jeux de base et des jours de repos.
Étape 6 : préparez-vous à concourir
Lorsque votre chien enchaîne de façon fiable un parcours débutant complet à l'entraînement, avec de bons contacts et un bon slalom, vous approchez du but. En Belgique, il vous faudra généralement :
- Être membre d'un club affilié à l'organisation dans laquelle vous voulez concourir.
- Une licence ou un carnet de travail pour votre chien, obtenu via votre club.
- Une preuve d'identification par puce électronique et de vaccination, ainsi qu'une mesure du chien pour déterminer sa catégorie.
Les conditions varient selon l'organisation. La VOE et la DSAB ont chacune leurs propres procédures, et les concours internationaux FCI, qui passent en Belgique par l'URCSH (KKUSH), ont des exigences supplémentaires, comme un pedigree. Tous les détails se trouvent dans Participer aux concours d'agility en Belgique, et Votre premier concours d'agility explique le déroulement de la journée.
Les erreurs fréquentes des débutants
- Passer trop vite au matériel complet. Votre chien s'en sortira peut-être, mais les lacunes dans les bases se paient plus tard en barres tombées et en contacts manqués.
- Ne travailler qu'avec de la nourriture. La nourriture convient très bien au travail de précision, mais le jouet développe la motivation et la vitesse.
- Ne travailler que d'un côté. Le chien doit travailler aussi bien à votre gauche qu'à votre droite.
- Accuser le chien. En agility, 90 % des erreurs viennent du conducteur. Le chien fait ce que votre corps lui a indiqué.
- Oublier de s'amuser. Si votre chien ne prend pas de plaisir, ralentissez et jouez davantage.
Ce dont vous aurez besoin
- Un harnais confortable ou un collier plat et une laisse (rappel : pas de collier pendant le parcours).
- Des friandises de grande valeur et un ou deux jouets favoris.
- De bonnes chaussures avec de l'accroche. Beaucoup de conducteurs portent des chaussures de trail ou de football.
- Un équipement de pluie. On est en Belgique, après tout.
- En option, pour plus tard : quelques haies d'entraînement, un slalom, un tunnel.
Prêt à vous lancer ?
Cette semaine, commencez par la visite chez le vétérinaire et les exercices à la maison, visitez deux ou trois clubs et réservez un cours d'essai. Si vous voulez en savoir plus d'abord, lisez Qu'est-ce que l'agility ? ou jetez un œil aux bases du chiot pour l'agility si votre futur chien d'agility est encore tout jeune.