Les bases du chiot pour un futur chien d'agility
Votre chiot est trop jeune pour sauter, mais pas trop jeune pour apprendre. Ces exercices de base, sûrs et ludiques, développent la motivation, la conscience du corps et la concentration qui font un grand chien d'agility.
Les meilleurs chiens d'agility se construisent bien avant de voir leur première haie à pleine hauteur. La première année du chiot est le moment idéal pour développer les compétences qui comptent le plus : l'envie de travailler avec vous, la confiance, la conscience du corps et la concentration. Rien de tout cela ne demande de sauter ni de matériel. Au contraire, les articulations en croissance d'un jeune chien doivent être protégées des aspects les plus traumatisants de ce sport.
Cet article explique ce qu'il faut faire, et ce qu'il faut éviter, avec votre future star de l'agility.
Ce qu'il ne faut pas encore faire
Les os du chiot grandissent à partir de cartilages de croissance encore mous, situés près des extrémités des os longs. Ils se ferment progressivement, souvent vers 12 mois chez les petites races et jusqu'à 18 mois chez les grandes. D'ici là :
- Pas de haies à pleine hauteur, ni de sauts répétés, même bas.
- Pas de palissade, de passerelle ni de balançoire à hauteur de concours.
- Pas de répétitions de slalom. Les flexions et la répétition sollicitent une colonne vertébrale encore jeune.
- Pas d'exercice forcé prolongé, comme courir à côté d'un vélo.
- Pas de sols glissants pour les jeux rapides.
Demandez à votre vétérinaire quand la croissance de votre chien est terminée. En cas de doute, attendez. Quelques mois de patience, c'est peu de chose pour un chien qui restera en bonne santé jusqu'à un âge avancé.
Base 1 : le jeu et la motivation
L'agility repose sur la motivation. Un chien qui adore jouer avec vous peut être récompensé n'importe où, et vite.
- Le tir : faites de courtes séances de jeu de tir, pleines d'entrain. Laissez souvent gagner le chiot.
- Lâcher sur demande : apprenez au chiot à lâcher le jouet (en échange d'une friandise ou d'un deuxième jouet) pour que le jeu reste sous contrôle.
- Alterner les récompenses : récompensez le chiot avec le jouet, puis avec de la nourriture, puis à nouveau avec le jouet, pour qu'il apprécie les deux.
- Le jeu sans objet : vous poursuivre, courir ensemble, les félicitations. Toutes les récompenses ne doivent pas forcément passer par un objet.
Gardez des séances courtes et arrêtez pendant que le chiot en redemande.
Base 2 : concentration et self-control
- Le jeu du nom : dites le nom du chiot et récompensez le contact visuel. Augmentez progressivement les distractions.
- It's Yer Choice : fermez la main sur des friandises ; ouvrez-la quand le chiot recule. Il apprend que le self-control rapporte des récompenses.
- Attente au départ (version chiot) : un court assis ou couché, un pas en arrière, revenez et récompensez. Augmentez peu à peu la distance et l'excitation.
- Mot de libération : choisissez un mot comme « OK » ou « go » qui met fin à l'attente. Ne laissez jamais le chiot partir sans ce mot.
Ces exercices deviendront votre départ et votre capacité à concourir dans un environnement animé.
Base 3 : la conscience du corps
Les chiens qui savent où sont leurs pattes sautent de manière plus sûre et gèrent mieux les zones de contact.
- Marche dans l'échelle : posez une échelle à plat sur le sol et guidez le chiot pour qu'il la traverse lentement.
- Travail sur perchoir : pattes avant sur une plateforme basse et stable ; récompensez le chiot quand il déplace ses pattes arrière en cercle. Il prend ainsi conscience de son arrière-train.
- Cavaletti au sol : des barres posées à plat sur le sol, espacées selon la foulée du chiot, franchies au pas et au trot (pas en sautant).
- Plateau instable : une planche très basse qui bouge légèrement. Une excellente préparation à la balançoire. Laissez le chiot proposer de monter dessus et récompensez généreusement.
- Marche arrière : apprenez au chiot à reculer dans un couloir étroit.
- Pattes dans la boîte : récompensez le chiot quand il entre dans une boîte en carton avec ses quatre pattes.
Base 4 : les jeux de handling
- Ciblage de la main : toucher votre main avec la truffe, des deux côtés.
- Suivre : marchez, puis trottinez en courbes, le chiot suivant votre main à votre gauche, puis à votre droite.
- Travail en cercle : envoyez le chiot autour d'un cône ou d'un seau, dans le sens des aiguilles d'une montre et dans l'autre sens.
- Tourner sur commande : ajoutez un mot différent pour tourner à gauche et à droite (beaucoup utilisent « check » et « wrap », ou « gauche » et « droite »).
- Rappel au pied : appelez le chiot à votre gauche et à votre droite.
- Le jeu du front cross : en marchant avec le chiot à votre gauche, tournez-vous vers lui et continuez à avancer pour qu'il se retrouve à votre droite. Récompensez-le quand il reste avec vous.
Base 5 : les mini-obstacles
Certaines choses sont sans danger pour un chiot, avec modération :
- Tunnel court et droit : compressé pour que le chiot voie au travers. Faites-en un jeu.
- Barre au sol : passer au pas ou au trot au-dessus d'une barre posée à plat.
- Planche au sol : une planche posée par terre sur laquelle marcher, en préparation de la passerelle.
- Two-on, two-off (2o2o) : pattes avant au sol et pattes arrière sur une planche basse, récompensez la position. C'est la base des contacts arrêtés.
- Slalom en couloir : si votre club est d'accord, des piquets bien écartés que le chiot traverse simplement en courant. Sans flexion.
Base 6 : socialisation et confiance
Un concours d'agility, c'est bruyant et animé : chiens qui aboient, haut-parleurs, tentes, foule. Préparez votre chiot en douceur :
- Emmenez-le à quelques entraînements ou concours simplement pour regarder, avec beaucoup de friandises et de jeu.
- Entraînez-vous à manger et à jouer dans de nouveaux endroits.
- Habituez-le à être manipulé, mesuré et touché par des inconnus (utile pour les visites vétérinaires et la mesure).
- Introduisez des bruits comme le cliquetis des barres et le claquement de la balançoire, à distance, associés à de bonnes choses.
- Apprenez au chiot à se détendre dans une cage ou sur un tapis. Les jours de concours comportent beaucoup d'attente.
Exemple de semaine
| Jour | Séance (5 à 10 minutes chacune) |
|---|---|
| Lun | Tir et lâcher, jeu du nom |
| Mar | Travail sur perchoir, ciblage de la main des deux côtés |
| Mer | Repos ou promenade dans un nouvel endroit |
| Jeu | Marche dans l'échelle, travail en cercle autour d'un cône |
| Ven | Attente au départ, mot de libération, tir comme récompense |
| Sam | Visite d'un club ou d'un concours, observer et jouer |
| Dim | Plateau instable, two-on two-off sur une planche basse |
Quand commencer la « vraie » agility
La plupart des clubs accueillent les jeunes chiens dans un groupe chiots ou un groupe de bases, et introduisent progressivement les vrais obstacles à partir d'environ 12 mois, en adaptant les hauteurs au développement du chien. L'entraînement complet en vue des concours suit normalement une fois la croissance terminée. Le moment venu, notre guide Débuter en agility avec votre chien prend le relais de celui-ci.
En Belgique, les concours officiels d'agility de la VOE et de l'URCSH (KKUSH) sont ouverts à partir de 18 mois, et chaque organisation, y compris la DSAB, a ses propres conditions d'inscription. Consultez Participer aux concours d'agility en Belgique pour les détails. Cela vous laisse plus d'un an pour travailler les bases : profitez-en.